Entretien exclusif de NATION avec un ex-volontaire de la République Populaire de Donetsk !

Après la conférence tenue par Guillaume, un volontaire qui était allé se battre au Donbass, nous publions l’interview exclusive de Jean, autre volontaire européen à être allé se battre auprès des populations russophones d’Ukraine. Nous publions cette interview sur le blog de Jeune Nation, d’abord car nous pensons que son expérience et son analyse est particulièrement intéressante à partager auprès des jeunes. Ensuite car l’intéressé est quelqu’un qui, pour diverses raisons, reste cher à Jeune Nation !

Il va de soi que ces dires n’engagent pas forcément NATION ou Jeune Nation, même si on est d’accord sur l’essentiel…!

Jean a bien voulu nous éclairer sur la situation et nous donner son point de vue sur le conflit. Que se passe-t-il donc au Donbass ?

– Bonjour, Jean. Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à la crise russo-ukrainienne ?

Je m’y intéresse depuis fin 2004, c’est à dire depuis le déclenchement de la révolution orange à Kiev. Déjà à l’époque, le président Ianoukovitch était légitimement élu et se trouvait une première fois évincé du pouvoir au profit du candidat atlantiste suite aux pressions manifestantes financées par des milliardaires sionistes tels que Georges Soros et la fameuse Freedom House liée à celui-ci ou encore la Fondation Carnegie. Une même tentative fut répétée en Biélorussie cinq ans plus tard mais, bien heureusement, échoua.

En 2010, j’étais très content de voir Ianoukovitch revenir en force au pouvoir, à nouveau légitimement élu, ce qui ne fut pas bien difficile au vu du bilan désastreux du candidat sortant. Cela devait représenter un soulagement pour les Russes de plus en plus assiégés par l’Occident comme l’illustre par exemple la stratégie de boucliers antimissiles promue par l’OTAN … L’Ukraine représente évidemment un territoire géographiquement important pour les deux camps. Il fallait un prétexte pour déclencher l’Euromaïdan et il arriva avec un accord commercial signé avec la Russie qui équivalait à un désaccord d’association avec l’Union Européenne. Des agitateurs ont fait leur petit numéro dans la rue et la tension est montée crescendo avec l’appui des médias occidentaux et des financements obscurs. J’étais révolté, d’autant plus quand je voyais ces pseudo-philosophes comme Bernard Henri Levy ou notre ancien premier Guy Verhofstadt sur l’estrade de la place centrale de Kiev prêcher contre la Russie devant on ne sait combien de néonazis (le monde à l’envers !). Les néonazis, apparemment, c’est un peu comme les islamistes : ce n’est pas bien, sauf bien sûr quand on peut les manipuler …

Bref, cette fois, l’Occident capitaliste et sioniste parvint à réaliser son coup d’Etat pour de bon en Ukraine. Résultat des courses : un pays encore plus pauvre, un niveau de corruption sans précédent, une immoralité croissante et, surtout, une sale guerre …

– Pourquoi soutenir les Russes, actuellement ?

Je tiens tout d’abord à préciser qu’en ce qui me concerne, je ne suis ni d’origine russe ni russophile invétéré. Toutes les raisons du monde m’ont néanmoins porté à soutenir les Russes. Quand je constate l’injustice faite à leur encontre dans ce dossier et que je décortique les mensonges médiatiques, cela me pousse à soutenir les Russes. Quand je vois toutes les personnalités que je déteste littéralement soutenir l’Ukraine, cela me pousse à soutenir les Russes. Quand je lis, quand j’entends, quand je visionne de mes yeux des exactions terribles commises par la soldatesque ukrainienne, cela me pousse à soutenir les Russes. Quand j’apprends que les milices « néonazies » n’ont aucun problème à se faire financer notoirement par un milliardaire israélien du nom de Kolomoïsky, ça me pousse à soutenir les Russes. Quand j’apprends que ceux-ci n’ont aucun argument pour en vouloir aux Russes si ce n’est une aveuglante rancune historique et le fait qu’ils s’imaginent encore combattre des communistes alors que les gauchistes totalitaires sont à présent de l’autre côté du mur, cela me pousse à soutenir les Russes. Quand j’apprends que l’une des premières lois abrogées à Kiev après le coup d’Etat a été celle contre la propagande sodomite envers les enfants, sous prétexte que cette loi aurait été incitée par le Kremlin, cela me pousse à soutenir les Russes. Quand je remarque que les putschistes préfèrent à un Poutine des Van Rompuy, des Hollande et des Elio Di Rupo, cela me pousse à soutenir les Russes. Quand je note dans quelle Europe immorale et de plus en plus misérable je vis et qu’à côté de ça des foules manipulées font une révolution pour rejoindre l’Union Européenne alors que la Russie leur tendait la main et leur proposait un cadre de vie meilleur, cela me pousse à soutenir les Russes. Quand je constate la recherche du Bien Commun et le patriotisme sincère de personnalités politiques comme Poutine face aux ordures de l’Union Européenne qui font tout pour détruire nos peuples, cela me pousse à soutenir les Russes. Quand je découvre ce retour massif au christianisme en Russie depuis la chute du mur alors que l’Union Européenne fait tout pour en éradiquer toute trace chez nous, cela me pousse à soutenir les Russes. Quand je lis dans la presse que des Femen peuvent tronçonner une Croix en toute impunité à Kiev et que dans le même temps des Pussy Riots sont arrêtées pour avoir profaner une Cathédrale à Moscou, cela me pousse à soutenir les Russes. Quand je constate que le seul pays européen où l’islamisme est en train de reculer est la Russie, chiffres à l’appui, et que je constate qu’elle est la seule à le combattre concrètement, cela me pousse à soutenir les Russes. Quand je note qu’ils sont les premiers à soutenir Bachar El Assad qui vit aussi une situation injuste dans son pays pour les mêmes raisons, cela me pousse à soutenir les Russes … etc …

Sur place, une fois arrivé en Russie, j’ai pu faire bien d’autres constats bien positifs sur ce peuple que je ne connaissais guère jusqu’alors …

– Justement, la mouvance nationale est très divisée sur ce conflit : il y a les pro-russes, les pro-ukrainiens et les personnes plus neutres qui regrettent cette guerre civile européenne.

Oui, il y a aussi des idiots de néonazis primaires qui soutiennent l’Ukraine parce qu’ils ont vu que certains de ses bataillons se pavanaient avec des croix gammées ou des runes SS à l’envers. Cela peut en amuser certains de voir cela en 2015 mais il est un peu dommage qu’ils n’essayent pas de voir ce qu’il y a derrière. A voir des types qui se font financer publiquement et sans scrupules par un milliardaire israélien et qui posent en photo à coté de drapeaux de l’OTAN, personnellement, je me poserais des questions …

Certains vont nous sortir l’argument que la Russie est « néo soviétique ». Il faudra nous expliquer en quoi cela consiste, parce qu’en attendant la Russie impose à taux unique son peuple, riches comme pauvres, à 14 pour cent (soit un point de moins que l’Ukraine); en Belgique ou en France, nous sommes imposés à plus de 50 pour cent et les entreprises sont parmi les plus taxées au monde. Qui est le plus communiste ? Dès lors, s’ils voulaient réellement combattre des pays néo soviétiques, pourquoi ne tournent-ils par le canon de leurs fusils sur 180 degrés ?

D’autres vont se référer à une vieille interview en vidéo de Pierre Hillard (ce serait nécessairement un argument d’autorité …) où celui-ci explique en l’espace de deux minutes que la Russie est « mondialiste ». On me l’a souvent faite celle-là … Deux choses sont à distinguer : mondialisation et mondialisme. Les Russes ont clairement une participation active dans l’économie mondialisée, comme beaucoup de peuples depuis que le phénomène de la mondialisation existe (c’est à dire, noterons certains historiens, depuis l’Antiquité …) et essayent, comme n’importe quel pays, d’obtenir la plus grosse part possible du gâteau. Il est vrai également qu’ils respectent les standards de réglementation internationale de ce système, peut-être même plus que d’autres. Effectivement, de ce point de vue, la Russie n’est pas révolutionnaire. Où est le problème ? Où parle-t-on de mondialisme, soit d’institution de gouvernance mondiale ? Au contraire, la Russie est la première à défendre clairement et explicitement un monde multipolaire face à un monde unipolaire ! Peut-on en attendre autant de l’Union Européenne que Kiev désire tellement ?

Les plus abrutis vont avancer le fait que « les bataillons ukrainiens sont nationalistes et les Russes sont antifascistes ». A mourir de rire. Déjà, pour commencer, tout le monde est nationaliste en Europe de l’Est. Seulement, le nationalisme de ces pays n’est pas le même que celui des pays d’Europe occidentale. Le nationalisme d’Europe de l’Est, c’est malheureusement bien souvent haïr son voisin. Ils ont tous des croix celtiques, Russes y compris pour certains bataillons folkloriques, mais se tapent tous dessus avec. Alors oui, bien sûr, beaucoup de Russes s’attribuent l’étiquette « antifasciste » dans cette guerre. Or, encore une fois, un « antifasciste » chez eux n’est pas un antifasciste de chez nous. Tous les Russes, quelle que soit leur tendance politique, sont de véritables patriotes, défenseurs de la famille et sont généralement peu favorable à l’immigration massive, à la gay pride et à Israël. Les Russes de gauche et les franco-belges de gauche n’ont absolument rien en commun. Et si les « nationalistes » ukrainiens venaient à tenir le même discours, dans les faits ils ne servent jamais actuellement que les intérêts des lobbys atlantistes, sionistes, féministes, sodomites et pro-UE. Voilà tout ce qu’ils représentent, des Femen avec un peu plus de muscles et encore moins de cervelle …

Mieux encore, nous pouvons toujours trouver une catégorie d’abrutis encore plus atteints du cerveau que les précédent avec un quotient intellectuel qui ne doit apparemment guère s’élever plus haut que les 88 points : ils nous disent qu’il faut faire confiance à l’extrême-droite russe qui, elle, n’aime guère Poutine. Ah oui ? Mais concernant l’Ukraine et la Crimée, ont-ils lu le programme politique de ces mouvements et partis ? Parce que Poutine à côté d’eux, c’est Charles Michel (en d’autres termes : bisounours !) …

– En ce qui concerne les séparatistes russophones d’Ukraine …Que désirent-ils et où en sont-ils, actuellement ?

Les Russophones ne désirent qu’une chose : vivre et être respectés. Ils sont environ 30 pour cent sur l’ensemble du territoire, majoritaires dans de nombreuses régions de l’Est du pays, et sont à présent considérés comme des citoyens de seconde zone. Les rêves de Kiev sont leurs pires cauchemars, ils ne veulent ni ne peuvent plus continuer l’histoire avec l’Ukraine. Ils préfèrent de loin – si cela était un jour possible – rejoindre la Fédération Russe comme ce fut récemment le cas de la Crimée. La guerre fut leur dernier recours, ils ont été contraints après le massacre d’une partie des leurs à Odessa le 2 Mai 2014.

Jusqu’ici, ils ont conquis la moitié de la région du Donbass. Les objectifs varient selon les militants : certains veulent se contenter de la conquête totale et l’indépendance de cette petite région ; d’autres, sur proposition du vice-président de la chambre basse du parlement russe Vladimir Jirinovski, désirent monter jusqu’à Kiev et obtenir la dislocation de l’Ukraine (l’Est par la Russie, l’Ouest pour la Pologne et une partie du Sud pour la Moldavie) ; d’autres encore plus radicaux souhaitent la conquête totale du pays … Cependant, le projet qui a retenu le plus vif intérêt durant un moment est celui de la Novorossia (Nouvelle-Russie), soit la conquête de toutes les régions russophones ukrainiennes. Il devait naître de l’unité des régions conquises au Donbass mais il a malheureusement échoué faute d’entente entre les deux clans des chefs de guerre. Il y a donc pour l’instant deux Etats russophones autoproclamés dans les régions conquises du Donbass : la République Populaire de Donetsk et la République populaire de Lougansk. Pour l’instant, aucun d’eux n’est reconnu internationalement, même pas par la Russie, mais cela viendra assurément un jour.

Il faut préciser qu’actuellement une partie de la population, plus modérée, est prête à payer la fin de la guerre au prix d’une confédération avec l’Ukraine. Mais il est trop tard …

En attendant, les habitants de Donetsk vivent un quotidien normal le jour et les bombardements la nuit, des orages d’acier qui tombent généralement sur la périphérie mais rarement dans le centre. Un jour, peut-être, les Ukrainiens lèveront les canons de leur artillerie quelques millimètres plus haut et se remettront à bombarder massivement le centre … Ils n’en sont pas à quelques exactions près. En tous les cas, les russophones qui combattent n’ont pas peur de la mort et sont prêts à tout pour sauver les leurs.

– La presse ne parle plus beaucoup de la situation du Donbass. Les combats se sont-ils calmés ?

Oui et non. Les bombardements continuent de façon quotidienne et ce sont même gravement accentués ces derniers temps, en particulier du côté de l’aéroport de Donetsk, un point stratégique pour les deux camps car il se trouve à une quinzaine de minutes du centre-ville. Il y a toujours de nombreuses escarmouches. Il n’y a cependant plus eu de grande bataille depuis les grandes vacances. Les volontaires français participent généralement aux combats, sans pertes pour l’instant.

J’ai pensé ces derniers temps qu’il n’y aurait pas de prochaines batailles d’ici Février-Mars. Le fait est que la République Populaire de Donetsk comptait à la base organiser des élections pour la mi-octobre, allant ainsi totalement à l’encontre des accords de Minsk et donnant un prétexte aux Ukrainiens pour lancer une grande offensive. Or, la République a eu l’idée stratégique de les prendre au dépourvu en reportant les élections en Février. Evidemment, entre Octobre et Février, nous sommes en plein hiver … Ni les Russes ni les Ukrainiens n’ont envie de se battre durant cette période très dure dans cette région, d’autant plus que leur logistique blindée ne peut plus progresser dans de telles conditions. Or, au moment où j’écris ces lignes, la situation recommence nettement à chauffer et les choses pourraient s’accélérer … Un ami russe actuellement dans le Nord-Est de Donetsk vient de m’affirmer ce matin qu’ils se préparaient à une offensive ukrainienne de grande ampleur qui pourrait se déclencher d’un moment à l’autre. Nous verrons bien …

– Y-a-t-il beaucoup d’étrangers européens parmi les volontaires, en dehors des Russes ?

Les Européens les plus présents, en plus des Russes et des Ukrainiens russophones (qui pour moi sont Russes), sont les Serbes. Solidarité historique. Pour le reste, je pense que les volontaires européens se bousculent moins à la porte du Donbass que les islamistes volontaires à la porte de la Syrie … Le Donbass est un peu moins à la mode et moins médiatisé, de plus tout le monde ne comprend pas les enjeux.

– Quel est leur profil ?

Les volontaires étrangers d’Europe occidentale proviennent, à l’instar des Russes, de tous les milieux politiques et philosophiques : ultra-droite, extrême-gauche, apolitiques, orthodoxes ou musulmans pour certains : tous combattent le même ennemi, quelle que soit leur motivation. Dans mon unité, nous évitions ces sujets afin de préserver une bonne ambiance, mais en tous les cas nous ne voyions pas du tout nos différences comme un motif de tensions.

Je dois aussi toucher un mot sur les musulmans pro-Donbass, naturellement patriotes. Beaucoup d’entre eux sont tchétchènes et pro-Kadirov, le président de leur république constitutive en Russie. Il y a d’autres tchétchènes en face, coté ukrainien, anti-Kadirov parce que islamistes extrémistes. Normal, Poutine et Kadirov sont champions dans la lutte contre Daesh et ses alliés. Il faut rappeler aussi, pendant que j’y suis, que certains leaders « nationalistes » ukrainiens ont combattus coté tchétchène face à l’armée russe dans les années 90 (à l’instar probablement du premier ministre ukrainien), donc c’est une entente qui ne date pas d’aujourd’hui.

Les Français doivent représenter une douzaine de personnes éparpillées un peu partout mais le regroupement principal se trouve actuellement dans l’unité d’Erwan Castel au sein d’un bataillon de reconnaissance, les Razvedkas. Castel est un Breton de Guyane comme il aime se définir, un ex-militaire de carrière qui a abandonné son affaire de tourisme en Amérique latine pour se donner tout entier à la cause du Donbass. C’est un passionné qui se lève tôt et se couche tard pour le combat. Il a déjà connu quelques guerres … Une personnalité très intéressante, érudit dans de nombreuses matières et féru de musique traditionnelle.

Cette unité de reconnaissance possède également d’autres nationalités : des Catalans, des Russes, des Ukrainiens russophones, des Irlandais … etc … J’ai vu passer des Tchèques aussi …

Pour le reste, je dois dire que la plupart des volontaires sont des loups de guerre, des anciens militaires de carrière. C’est un véritable mode de vie. Il y a aussi des jeunes qui viennent sans formation préalable et qui apprennent sur le terrain, après une sélection rigoureuse bien entendu.

– Qu’est-ce qui vous a poussé à les rejoindre ?

Assumer mon discours par rapport à cette crise. Je ne savais guère qui j’allais rejoindre car je n’avais qu’un seul contact sur place à l’époque (à savoir Victor Lenta d’Unité Continentale qui est partit quelques semaines après mon arrivée) et très peu de précisions quant à cette aventure. J’ai mis en pause mes activités professionnelles avec l’accord de mon patron, j’ai rédigé un testament spirituel destiné à mes proches qui croyaient que j’allais faire simplement de l’humanitaire (excuse habituelle et non-mensongère d’un certain point de vue) pour au cas où, j’ai fait mon sac et je suis parti vers l’inconnu … Sans aucune expérience militaire. J’ai découvert cette nouvelle vie sur place.

– A propos d’Unité Continentale … Cette équipe de volontaires français a longtemps été médiatisée. Où en sont-ils ?

Ils ont en effet bien réussi leur communication, c’est heureux car beaucoup d’égarés commençaient à fantasmer sur les Ukrainiens. Ils ont remis les choses à leur place. En ce qui les concerne, si je ne m’abuse, ils sont à présent tous repartis en France ou ailleurs, parés pour de nouvelles aventures. Je n’ai jamais fait partie de leur structure mais je pense bien que ce sont surtout eux qui ont ouvert la route des volontaires français vers le Donbass.

– Quel avenir pour le Donbass ? Le projet de Nouvelle-Russie finira-t-il par aboutir ?

Seul Dieu le sait, tout est possible dans l’histoire. Si le Donbass se trouvait mal en point, la Russie n’attendrait peut-être qu’un prétexte pour riposter et relancer la conquête qui se verrait dès lors fulgurante. Il faut noter qu’elle dispose d’atouts que ni l’Ukraine ni ses alliés de l’Union Européenne ne peuvent se targuer : un projet politique, une économique stratégique et toujours en plein essor ainsi qu’une croissance exponentielle de crédibilité à l’international. Le monde occidental s’en mord les doigts. La situation instable du Donbass pourrait également s’éterniser un long moment avant une régularisation, un peu comme le Kosovo (sans mauvaise comparaison). Et puis, d’autres régions russophones attendent aussi leur heure pour se soulever, comme l’Oblast de Kharkov. Sa capitale est la deuxième plus grande ville d’Ukraine, cela ferait très mal à Kiev. Tout me porte à penser que la situation est favorable aux forces russes mais, évidemment, il ne faut jamais sous-estimer son ennemi.

– En conclusion, quelle est la différence entre les Russes et nous ? Que pouvons-nous attendre de la Russie à l’avenir ?

La différence est énorme. Je suis navré de le dire mais ils sont tout le contraire des peuples d’Europe occidentale : volontaires, combattifs, enracinés, conquérants, solidaires … . Les hommes sont vraiment des hommes et les femmes sont vraiment des femmes. La notion de féminisme n’existe pas, ils ne connaissent pas les gay-pride, défendent leur culture, ont le sens de la famille et de la spiritualité … Il ne faut pas parler de Conchita Wurst ou d’Elio di Rupo à un Russe. C’est un peuple fort et qui se projette dans l’avenir. Je dirais même que c’est un peuple qui possède un esprit civilisationnel, qui a un désir ardent d’avoir un rôle de premier plan dans l’histoire. C’est un peuple heureux et épanouis qui a retrouvé le sourire depuis la chute du mur, y compris chez les personnes vivant en zone de guerre (malgré tout …). Ils ont aussi leurs défauts, bien sûr, mais je pense néanmoins que les Russes survivront pour toutes ces raisons. Je ne suis pas prophète mais je doute que ce sera le cas de tous les peuples … Nous verrons bien si, nous aussi, nous retrouvons ce souffle avant qu’il ne soit trop tard. Ce qui est sûr, c’est que si nous voulons nous en sortir, nous allons devoir en baver … Nous n’avons pas à attendre des Russes ou quoi que ce soit ce que nous avons à accomplir pour nous-mêmes. Les victoires sur le cours de l’histoire ne s’obtiennent que par des sacrifices et la souffrance, rien d’autre !

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