VIVRE LIBRE OU MOURIR !

Nous publions ce brillant et interpellant texte écrit par un militant emprisonné en France et qui nous a été envoyé par le Comité d’entraide aux prisonniers européens (CEPE).

A méditer !

VIVRE LIBRE OU MOURIR, PAR L’ÉCROU 396845

Alors qu’en période troublée, la notion de liberté prend tout son sens, en temps de paix et d’opulence (la pseudo période de prospérité), celle-ci est plus volatile, plus diffuse, noyée dans de multiples interprétations.

Le bon sens populaire veut que nous soyons libres contrairement aux peuples opprimés à travers le monde. Quelle chance avons-nous ! Il n’y aurait que des fous pour contester l’incontestable.

Et pourtant, la vérité est comme souvent, ailleurs…

Liberté de propriété, liberté de manger, de consommer, d’acheter, de s’endetter à crédit, liberté d’opinion et de penser… Ces deux derniers points font rêver. Les humoristes poussiéreux, les penseurs et les philosophes autoproclamés nous ont vendu ce rêve. Dans les faits, cette liberté d’opinion n’est que factice. Énième poudre aux yeux balancée au visage du peuple candide.

Car nous avons ce droit, mais uniquement dans la limite du raisonnable. Cette limite est tracée par les mains d’une minorité élitiste et oligarchique, pour que la majorité la suive. Cette oppression est néanmoins mise à mal par certains éléments qui refusent d’intégrer cette « dictature de la pensée unique »

La minorité dirigeante pense détenir la vérité et l’inculque au> masses irréfléchies qui s’en imprègnent. Tels de puissants magiciens qui distillent leurs élixirs de vérité (Tolkien serait bien inspiré).

Le peuple avale cette immonde potion et voit sa conscience ainsi amputée. Les gens croient ainsi penser par eux même alors que leur pensée n’est que le fruit du breuvage ingurgité. La propagande est à son paroxysme.

Heureusement, certains individus refusent de croire à ce tour de passe-passe grotesque et dangereux. Ils résistent à l’oppression contemporaine qu’est la pensée unique. Ce premier acte de bravoure fait donc d’eux les seuls européens vraiment libres.

Et le prix de cette liberté retrouvée est parfois lourd à payer. Les dominants, flairant le danger, ont ouvert les vannes et tentent d’inonder les foyers de façon accélérée avec leur propagande indigeste. Tous les supports sont bons : journaux, télévision, radio, publicité, etc. Le peuple ainsi noyé doit donc apprendre à nager s’il souhaite survivre.

Mais face à la résistance qui s’organise petit à petit, il a donc fallu user d’une autre méthode, digne de notre merveilleuse société : la répression. Manipulation, diffamation, mensonges, calomnies, pressions sociales, écoutes téléphoniques, perquisitions, arrestations, procès à la pelle, condamnations à la chaîne. Les nervis du système ont bien travaillé.

Leurs maîtres ne peuvent qu’être satisfaits. Pour seule récompense, une caresse sur le haut du crâne et des promesses de promotion. Ces pompiers, digne de « Farenheit 451 » n’ont malheureusement pour eux toujours pas réussi, malgré ces persécutions, à éteindre les flammes qui se consument dans nos esprits : au contraire, celles-ci sont encore plus brûlantes, elles se répandent et ne sont pas prêtes de s’éteindre.

La jeunesse européenne rebelle s’imprègne en effet de ce feu > salvateur. Et de la politique de la terre brulée repoussera un idéal juste et sain. Des livres fleuriront dans les rayons de nos librairies, des disques seront pressés dans des maisons indépendantes, des graffitis militants décoreront les murs blêmes de nos villes et des rayons d’espoir illumineront nos yeux !

Mais tout cela n’est qu’une première étape. Le chemin est encore semé d’embûches bien qu’il se dessine petit à petit. Ainsi, plusieurs d’entre nous sont en prison, victime de la « liberté de pensée » de nos dirigeants. Mais même au fond de nos cellules, ils ne pourront jamais nous empêcher d’être des hommes libres. Libérés de leur tissu de mensonges. Et qu’importe leurs barbelés, leurs grilles et leurs barreaux, ils ne peuvent pas nous asservir.

Nous avons sans doute perdu une bataille, mais nous restons insoumis et nous gagnerons la guerre. Nos corps sont enfermés, mais notre imagination nous permet de regarder l’horizon, de voir nos familles, nos camarades, nos amis et de partager un festin européen avec eux. Face à cette fausse liberté dont on nous rabâche les oreilles, nous nous sommes levés et nous avons pris la nôtre, la vraie !

La lutte sera longue, il y aura probablement des défaites à venir, mais notre volonté est de fer. Aujourd’hui, nos yeux humides pensent à nos victoires face à l’asservissement et à l’esclavagisme moderne, tout en pleurant nos morts. Mais nous avons la certitude que de là-haut, ils savent qu’ils ont fait le bon choix !

Et sur l’asphalte de nos villes, raisonnera toujours ce cri de ralliement : VIVRE LIBRE OU MOURIR !

J RUZÉ

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